Rambo, ma vision du film
Posté le 20/08/2009 à 21:08

Cela fait quelques temps que l'idée de réaliser un billet sur First Blood (Rambo) me titille l'esprit. Mais vous savez, quand vous adorez vraiment quelque chose, vous n'osez rien écrire dessus, pensant que ce qu'il en ressortira ne sera jamais à la hauteur de l'oeuvre dont vous parlez... C'est un peu ce qui me bloque, j'ai tellement envie de partager quelque chose de profond vis-à-vis de ce film que je ne sais même pas par quoi débuter.
En tout cas, ce que je n'ai pas besoin de vous avouer, c'est que je suis sincèrement fan depuis mon plus jeune âge de ce film. Ca, je ne l'explique pas. Peut-être est-ce du au fait que depuis tout petit déjà, mon père me faisait regarder avec lui les films d'action qu'il adorait. Bien sûr, la liste est longue, très longue, et je dois bien avoir une sorte de côté nostalgique quand je fais le bilan de mes goûts cinématographiques. Cependant, si je ne devais en garder qu'un seul, ça serait Rambo premier du nom. Je n'engloberai pas la saga ici, car je juge que les trois opus suivant ne suivent pas du tout la même direction et qu'ils seront plutôt à classer dans les films d'action pure ou bien les films de guerre sans chercher plus loin. Je ne dirai pas que je ne les apprécie pas, loin de là, mais il faut admettre qu'ils n'ont strictement rien à voir avec la profondeur de leur aîné.

Au départ...
Il s'agissait d'un roman First Blood écrit par David Morrel et publié en 1972. Ce ne sera que 10 ans plus tard que Sylvester Stallone interprétera le personnage de John Rambo à l'écran. Ce n'est pas vraiment pour l'historique que je vous parle du roman, même s'il est toujours bon de savoir de où vient le scénario d'un film, c'est plutôt pour vous exposer les différences qu'il existe entre l'ouvrage littéraire et l'oeuvre cinématographique.
Le personnage de David Morrel est bien loin, en fait, de celui que l'on a pu retrouver dans le film. Vous vous rappelez sans doutes la chasse à l'homme qui se livre dans la forêt où Rambo tente d'échapper aux forces de l'ordre. Il blesse les policiers un par un pour s'en prendre finalement au shérif William Teasle. Si dans le film Rambo se contente de mettre en garde ce dernier de ne pas continuer à le traquer, vous apprendrez que dans le roman il n'y avait pas de place pour le dialogue car tous les policiers se font tuer dans cette forêt, ainsi que toutes les personnes qui le pourchasseront que ce soit dans cette même forêt ou bien une fois de retour en ville. Cela tranche radicalement avec la mort d'Arthur Galt dans un cas de légitime défense pour Rambo. Ce qui sera d'ailleurs le seul personnage qui trouvera la mort dans le film.
On comprend aisément qu'un homme tuant à tout va n'est pas le meilleur moyen de faire passer un message dans un film, tout autant que le but était de plaire aux spectateurs et non de faire passer Rambo pour un monstre. D'ailleurs, si aujourd'hui on parle de saga, à l'origine John Rambo devait mourir à la fin de First Blood des mains du Colonel Samuel Trautman à la demande de Rambo lui-même. Mais à la diffusion, les gens n'ont pas du tout apprécié cette fin et c'est pourquoi une fin alternative a été pensé dans laquelle Rambo est finalement arrêté et envoyé en prison. Pour le reste de l'intrigue du roman, le film respecte à la lettre tous les points qui ont pu être écris par David Morrel.
Vous pouvez noter également, qu'avant que Sylvester Stallone endosse ce rôle, Dustin Hoffman s'était vu offrir le personnage. Cependant, il refusa, jugeant le tout beaucoup trop violent à son goût. Et bien tant mieux au fond. J'ai essayé de m'imaginer ce qu'aurait pu donner First Blood avec lui, et malgré le fait que je trouve l'acteur excellent dans certains films, il n'avait décidément pas la carrure pour incarner ce personnage.

Précurseur d'un genre ?
Qu'on le veuille ou non, qu'on le comprenne ou pas, First Blood a mis en place un esprit nouveau dans le film d'action. Il a inspiré bon nombre de films de guerre vers une optique différente de celle du "super-héros" immortel qui est à l'épreuve des balles et qui réussit toujours à venir à bout des "vilains" en fonçant tête baissée dans le feu de l'action. Il faut bien admettre, que malgré tout le mal que l'on peut lire un peu partout à propos de ce film ou de la saga, Rambo, premier du nom, se veut être un film qui colle au plus proche de la réalité. Vous ne verrez pas des munitions infinies, vous ne verrez pas un homme affrontant ses assaillants de face, vous ne verrez pas des attaques surhumaines ou quoique ce soit d'absurde de ce genre. Rambo est un être humain, entraîné par l'armée mais qui reste un homme. Et on le verra toujours se débarrasser de ses "ennemis" en les dispersant les uns des autres pour ne pas avoir à les affronter tous en même temps. Cela devient un film de guerre/d'action mais d'embuscade et c'est là que First Blood tranche avec les films que j'appelle d'explosion (à comprendre où le héros fait tout sauter du début à la fin sans jamais se retrouver en difficulté).
Alors bien-sûr, on aime ou on n'aime pas ce genre de films et ce n'est pas pour vous faire apprécier les films d'action que je rédige ce billet. First Blood n'est pas qu'un film d'action. Voilà plutôt le message que j'aimerais faire passer ici. Et il est encore moins un film patriotique comme pourront l'être ses successeurs. J'ai souvent entendu (et j'entends encore) des reproches à l'égard de ce film et voici le niveau habituel :
- C'est un film de merde !
- J'aime pas Stallone !
- Les films d'action c'est pourri !
- Il est trop con Rambo !
Je pourrais continuer longtemps sans jamais vous offrir un argumentaire digne de ce nom. Je ne cherche pas à jeter la pierre aux gens me doutant qu'il existe énormément de raisons qui desservent l'intérêt que l'on pourrait trouver à ce film. Ce qui m'agace réellement, ce sont les personnes qui critiquent le film alors que dans 85% des cas (et je n'exagère aucunement), elles n'ont jamais vu le film dans sa globalité. Les raisons à cela ? Trop vieux, acteur détesté, saga détestée, genre de film dépassé... Je ne sais pas vraiment. Mais ce que je sais, c'est qu'il est impossible de dresser un tableau uniquement noir de First Blood pour le peu qu'on ait fait l'effort de voir plus loin que le bout de son nez. Beaucoup de vous doivent apprécier les films/documentaires à la Fahrenheit 9/11. Justement parce que l'on y trouve des critiques virulentes sur les Etats-Unis et souvent justifiées. Et pourtant, rares sont les personnes qui ont compris que First Blood se veut être un film purement critique sur l'Amérique post-Vietnam...

Critique du gouvernement américain
Il est bien là l'intérêt principal du film. Peu en parle et c'est pourtant le fil conducteur de tout le film. Cette critique, au travers de la vie de John Rambo, de l'Amérique, de ses citoyens et leur gouvernement vis-à-vis des soldats revenus du Vietnam. Partis en pensant servir leur pays sous Kennedy, revenu au temps des hippies et des critiques, ils sont rejetés par tout le monde alors même que c'est ce même pays, le leur, qui les a envoyé se faire massacrer au nom de la patrie. Du premier dialogue du film, on nous plonge déjà dans cette haine qui existe entre soldats (et leurs familles) et l'Amérique dans laquelle ils sont revenus. Souvenez-vous le tout début du film, quand Rambo recherche le dernier survivant de ses camarades, Delmar Berry. Finalement, il ne trouvera que sa femme, cette dernière lui annonçant que Delmar est mort du cancer : "Ce truc orange qu'il répandait partout !".
Pour ceux qui ne le savent pas, ce truc orange n'est pas une expression balancée ici par hasard. Ce fameux truc orange est en réalité l'herbicide le plus utilisé pendant la guerre du Vietnam par l'armée américaine. Il avait pour but de "polluer" en quelques sortes les zones où se trouvaient les Vietcongs, surtout aux emplacements où l'armée US avait le plus de mal à évoluer, trop facilement prise en embuscade. Il a été prouvé que cet herbicide, contenant de la dioxine, a été une source de cancers et de malformations graves, et ce, sur plusieurs générations.
On comprend mieux l'orientation, que j'ai envie de qualifier de politique, du film. Et ceci n'est que le premier dialogue du film, tout ce qui s'en suivra ne fera que refléter le sentiment de rejet exacerbé à l'encontre des soldats revenus de guerre par leurs propres "frères". On voit très bien le traumatisme que cette guerre, à elle seule, a pu provoquer chez les combattants. Les fameux flashbacks montrant les scènes de torture qu'a subi Rambo au Vietnam et qui continuent de le hanter chaque jour de sa vie. En ajoutant à cela le mépris quotidien à son égard et vous ne pourrez nier que First Blood se veut être un film beaucoup plus psychologique qu'il n'y parait à première vue. Peut-être que vous lui trouverez une forme mal choisie mais j'ai envie de vous répondre que nous sommes en 1982 et que le cinéma de l'époque n'avait surement pas pour vocation de nous dresser des thriller à la Se7en. Pour autant, on nous dresse un vrai profil psychologique de John Rambo, loin de la brute épaisse qui flingue tout ce qui bouge et qui n'articule pas deux mots.

C'était pas ma guerre...
S'il est bien un film que j'ai regardé, c'est Rambo. J'ai presque envie de vous dire que je peux vous le réciter sans aucun souci. Et ce qui aura toujours fini par décrédibiliser le film, c'est tout simplement la voix française de Rambo. Cette voix d'abruti fini, rétorquant des phrases complètement débiles sur un ton de gamin de 6 ans ("C'est pas des civils bienveillants") aura fini par achever le peu de courage qu'il devait rester aux moins téméraires. Cela ne remonte qu'à quelques mois que je regarde mes films en VO, le plus souvent sous-titrés, et j'ai bien entendu commencé par Rambo. Et je dois dire que j'ai complètement redécouvert le film. Là où certains dialogues pouvaient déclencher les fous rires, dans la VO on a enfin une version crédible, réaliste et beaucoup plus profonde que ce qu'on nous a servi en français. Il est vrai que Stallone a une voix bien particulière, et peut-être que pour les anglophones elle est également risible, mais vous ne m'enlèverez pas que les passages clés sont juste parfaitement interprétés par S.S.
Pour autant, pas évident d'aller s'embêter à visionner une VO quand déjà on a pas pris la peine de finir une VF et c'est bien dommage. Toujours est-il que je suis le premier à admettre que les trois films suivants, à savoir : First Blood - Part II, Rambo III et Rambo (John Rambo pour la version française), sont simplement des films pro-américains et entièrement orientés sur la guerre dans le sang et les tripes, loin de du côté dramatique de First Blood. Je ne sais pas si j'ai réussi à vraiment exposer mon opinion du film comme j'aurais voulu le faire. Je ne sais pas non plus si j'aurai réussi à convaincre (à défaut de persuader) certains que First Blood va plus loin qu'un film d'action. Mais ce que je sais, c'est qu'il existe peu de films d'actualité ou d'époque qui ont pris le risque de critiquer leur propre pays au cinéma, au moment même des faits et qu'en se penchant sur le cas de Rambo, on voit le réel but recherché et c'est pourquoi, quand bien même la plupart des gens continueront de le critiquer à tort, il demeurera mon film préféré.

Je me permets d'insister, sincèrement, sur une scène très importante du film, en prenant en considération tout ce que j'ai pu vous dire du film plus haut. La scène où Rambo et le colonel Trautman se fâchent dans le commissariat. Je sais qu'elle m'aura souvent (très ?) tiré les larmichettes, que ce soit en VF ou en VO (mais je vous conseille vraiment la VO pour ça) et si vous avez envie de pousser un dernier petit effort, regardez ce passage: VF ou en VO.
| Posté le 20/08/2009 à 21:08 | Laisser un commentaire (2) | |
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Alimentary Shame
Posté le 09/08/2009 à 17:08

Je me permets de diffuser une vidéo d'un court métrage écrit et réalisé par mon frère cadet (Hamdi Mezara). Vous pouvez retrouver également la plupart de ses reportages et autres travaux vidéos via sa page sur Daylimotion.
Je vous invite à partager cette vidéo avec votre entourage car même si l'action peut paraitre dérisoire, elle a le mérite d'exister à sa manière et pour saluer le geste je participe à son partage.
Si vous connaissez d'autres travaux de ce genre, n'hésitez pas à publier les liens dans les commentaires prévus à cet effet :)
Si vous souhaitez vous rapprocher du mouvement d'Action contre la Faim, voici le site officiel.
Pour toute autre question, vous pouvez vous rapprocher d'Hamdi (via Facebook ou bien sur la page Dailymotion).
| Posté le 09/08/2009 à 17:08 | Laisser un commentaire (0) | |
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Terminator Salvation
Posté le 28/07/2009 à 12:07

Avant de commencer, je tiens à faire une remarque qui a tout de même son importance. Etant complètement fan de la trilogie des Terminator et plus précisement depuis le premier opus que j'ai du voir vers l'âge de 5-6 ans, mon avis risque d'être totalement dénué d'objectivité. D'un côté, il n'y aurait pas franchement d'intérêt à lire un avis autre que subjectif ici, mais ce que j'entends par là c'est que je risque aussi bien d'être indulgent envers le film ou bien trop exigeant. Dans un cas comme dans l'autre, cela ne jouera pas forcément en sa faveur mais je vais essayer, dans la mesure du possible, de rester un poil honnête avec moi-même ici.
Mon but n'est pas vraiment de vous raconter le film ou bien de vous dire que les effets spéciaux sont à couper le souffle, ou bien je ne sais quelles conneries encore. Je vais plutôt essayer de m'orienter sur la mythologie de la saga, voir comment s'imbrique cet opus parmi les trois précédents, s'il respecte l'univers Terminator ou bien s'il s'en éloigne, d'essayer de comprendre à quoi nous mèneront les 5° et 6° volets finaux.
[N.B] Pour autant, ce billet se révélera avoir une forte teneur en spoil vis à vis du film si vous ne l'avez pas vu. C'est pourquoi, vous êtes responsables de ce que vous lisez, je vous aurai prévenu.

Renouer avec les fans...
Qu'on se le dise, la saga Terminator a beau sembler mythique aux yeux du public, existant maintenant depuis bon nombre d'années, il n'en demeure pas moins qu'avant ce volet intitulé Salvation ou bien Renaissance (pour la version française), elle a été abusivement "boudé". Personne n'a oublié la piètre performance de Terminator 3 : Le Soulèvement des Machines. Attendu de pied ferme, il a été matraqué par la critique de tous les côtés et moi-même, je fais parti de ceux qui n'ont pas ou bien très peu apprécié le film.
On explique en partie cette réaction du public par le fait que ce n'est plus James Cameron aux commandes désormais et que comme on le dit si souvent : "C'était mieux avant".
Le problème avec les saga qui s'étalent sur les années, c'est qu'à force de se faire désirer, elles finissent par créer une attente monstrueuse vis à vis de leurs fans et que, ces derniers attendant forcément le messie, ils sont vite désabusés au bout du compte. C'est ce qui s'est passé avec le troisième opus, et ce malgré l'apparition d'Arnold dans la première moitié du film. Vous pouvez ajouter à cela un John Connor joué par Nick Stahl qui est tout simplement "à chier !"... excusez-moi du peu. J'ai beau revenir en arrière, même le John Connor joué par Edward Furlong dans Terminator 2 : Le Jugement Dernier était beaucoup plus profond, plus travaillé, alors qu'il n'etait qu'un gamin à cette époque (1991).
On ne retiendra finalement que peu de choses positives de ce Terminator, si ce n'est la ravissante et froide Kristanna Loken jouant le rôle du T-X; la fameuse scène du T-101 portant un cercueil tout en flingant à tout va ou bien la course-poursuite très bien réalisée en début de film.

Quelques incohérences...
Avant de se lancer, je tiens à relever certaines choses qui n'ont pas franchement de sens mais qui n'empêchent pas pour autant de regarder Salvation ou de le comprendre:
- John Connor en 2005 est âgé de 22 ans dans Terminator 3 (le film prend place 10 ans après "Le jugement dernier" qui avait eu lieu en 1995). Pourtant, en 2018 dans Terminator 4, il est âgé de 30 ans... Déjà un point que je n'explique pas, à moins que les gens qui ont bossé sur le film ne savent plus compter, John devrait avoir 35 ans.
- Comment explique-t-on au jour d'aujourd'hui le fait que John Connor soit obligé de renvoyer Kyle Reese (son propre père, vu que dans Terminator 1 Kyle et Sarah conçoivent ensemble John... mais après que Kyle ait été envoyé du futur par John lui-même). Comment peut-on exister dans le futur si l'évènement qui est censé vous faire naitre n'a pas encore eu lieu ? C'est un point qui me trouble beaucoup dans la saga Terminator : l'existence de John Connor. Alors si vous avez des explications "sérieuses", je suis preneur. Et que l'on vienne pas me dire que c'est l'histoire du film qui veut ça, ou bien je ne sais quelle bêtise encore, il est avéré que ce point est une incohérence dans le scénario, ce que j'attends ce sont des explications, des raisons mais pas qu'on me soutienne que ceci est normal.
Je sais qu'il existe d'autres incohérences, mais je tenais à relever celles-ci qui me tracassent pas mal à vrai dire.

Renaissance... ou pas ?
Mais qu'en est-il finalement de ce Salvation ? Ce que je peux dire de façon certaine, c'est que j'ai été divisé en deux pendant le visionnage. Dans un premier temps, et je ne m'en cache pas, j'ai trouvé le film tout simplement banal. J'avais l'impression d'être face à un de ces films d'action à gros budget, misant tout sur des FX abusés et des enchainements d'explosions et de fusillades en tout genre. D'ailleurs, c'est un peu ce qu'est ce quatrième volet de la saga soyons honnête. Je lui reprocherai d'avoir sombré dans les clichés du film d'action et de manière assez violente. Ce que j'appréciais dans les épisodes précédents, c'était la façon dont les scènes d'action conservaient ce côté réaliste malgré le fait que l'on mettait en avant des machines du futur. Les courses poursuites étaient amenées et achevées dans un esprit de logique, on se contentait pas de vous faire péter tout autour de vous à 10km à la ronde, sans que vous soyez ne serait-ce qu'éraflé ou bien que pour venir à bout d'un vaisseau vous lui envoyez, à l'aide d'un dérapage de votre remorqueuse, la moto terminator que vous aviez réussi à accrocher juste avant pendant une échappée...
Je regrette, j'ai failli couper le film deux ou trois fois en voyant des scènes aussi débiles pendant la première moitié du film. Il est bien là le souci, il n'y a rien, franchement rien du début à la moitié, ça explose, ça parle, ça explose, ça court, ça explose,... Un film d'action banal. Je ne parlerai pas de la relation Marcus-Blair au risque de devenir franchement vulgaire là... Depuis Terminator 3 j'ai l'impression que l'on veut à tout prix nous servir un casting de "bimbo" et ça a le don de m'agacer.
Quand on se fie aux deux premiers opus, Linda Hamilton joue à merveille son rôle de Sarah Connor. Une femme, pas forcément ce qu'il y a de plus sexy ici, mais qui se bat, un peu garçon manqué, musclée (la scène dans Terminator 2 où elle effectue des tractions). Enfin, on ne cherche pas à nous rincer l'oeil de force, chose qui existe depuis le troisième volet (depuis que Cameron n'est plus là ? ou bien est-ce simplement les films de maintenant qui veulent ça ?).

Christian Bale le nouveau visage de la Saga
Pour autant, je n'ai pas coupé le film prématurément. Bien heureusement d'ailleurs. J'ai commencé à entrer réellement dans le film avec la rencontre entre John et Marcus. Il faut tout de même que je vous avoue qu'après à peine quelques minutes de film, j'étais déjà conquis par le personnage de John Connor joué par Christian Bale. Je l'appréciais déjà par le passé, surtout pour son film Le Machiniste mais j'étais tout de même perplexe quant à son apparition dans T4. Pourtant, s'il est bien une raison d'apprécier le film, c'est bien lui. Il est ce qui se rapproche le plus, voir même, l'adulte parfait pour correspondre au John Connor de T2. Le tempérament rebel, cette volonté de toujours suivre les pas de sa mère, de toujours chercher après son père... Des notions qui avaient été complètement occultées dans T3.
Effectivement, avec le départ d'Arnold Schwarzenegger, je m'inquiétais grandement sur le devenir de la saga étant donné que sa figure emblématique venait de prendre sa retraite et qu'il était inconcevable de continuer à faire évoluer un T-101 si ce n'était pas Schwarzi qui le jouait. Mais je pense que je peux dire sans me cacher que Christian Bale a réussi le pari de nous offrir un "vrai" John Connor, qui se fixe à merveille dans la mythologie et qui correspond en tout point à ce qu'on aurait pu imaginer du chef "prophétique" de la Résistance.

Coups de coeur...
Ceux qui me connaissent ne sont pas sans le savoir. Je suis le genre de fan qui adore revoir de vieilles références aux volets qui ont précédé le film. De la plus petite chose au gros machin à l'écran, je fais attention à tout. Ce que je n'avais pas retrouvé dans T3 m'est ici enfin apporté. Je ne saurais vous dire exactement combien de références à T1 et T2 mais croyez-moi, elles sont assez nombreuses pour m'arracher je ne sais combien de fois un rire en me remémorant les scènes des précurseurs de la saga. Quelques une que j'ai adoré :
- Ma préféré, et de loin, la scène où John veut attraper une Moto Terminator pour s'en servir comme moyen de locomotion. Pour cela il met en place un piège et attire cette dernière avec la chanson You Could Be Mine des Guns'n Roses, chanson mythique tirée de T2 (et dont je suis fan d'ailleurs).
- Ce n'est pas vraiment une scène mais plutôt un court plan dans une scène là. Lorsque John se trouve pourchassé par le T-800 dans l'usine de fabrication de ces derniers, il monte des escaliers comme il peut et derrière on voit le T-800 qui s'apprête à monter à son tour. A ce moment, on a un gros plan sur le pied du T-800 qui pose son pied sur la première marche. Référence directe à T1 lorsque Kyle et Sarah tentent d'échapper au Terminator dans l'usine à la fin du film.
- Une petite dernière, lorsque John, toujours à vouloir fuir le T-800 dans l'usine, s'amuse à tirer avec son fusil sur ce dernier. Il possède la même arme que Sarah Connor dans T2 dans l'usine de fonderie, et qui plus est, il s'en sert de la même façon. Au lieu de tenir le canon d'une main et de recharger en s'aidant de l'autre main (comme vous le feriez avec un fusil à pompe), il recharge d'une seule main comme sa mère le faisait parce qu'elle était blessée au bras, tout comme lui dans cette scène.
- Celle que tout le monde a vu sans problèmes, la référence à Arnold Schwarzenegger et son personnage du T-101 à la fin du film quand John tombe dans le piège de Skynet. Pas forcément la plus belle référence étant donné que l'on voit que trop les défauts de cette scène mais elle a le mérite d'exister.

Finalement ?
Je peux dire que je suis plus que satisfait de ce Terminator Salvation. Bien entendu, il est loin d'être parfait et peut être qu'avec l'âge je porte un regard critique plus prononcé sur la saga que je ne le faisais auparavant, ou bien que je garde comme vision de référence Terminator 2 qui reste à mes yeux le plus réussi des 4 films. Ceci dit, ce volet renoue avec la mythologie de Terminator. Il a su revenir aux bases qui avaient fait le succès de ses prédécesseurs tout en lui apportant sa touche personnelle. Finalement, ce fut une bonne chose que de changer d'époque, d'être projeté dans le futur et de voir enfin l'affrontement Hommes/Machines digne des grands films de SF.
Peut être faudrait-il tout de même faire attention à ne pas tomber trop rapidement dans la facilité qui est de combler les vides scénaristiques du film par des scènes d'action pas forcément légitimes mais que voulez-vous, je pense que tout ceci a été fait également pour rallier de nouvelles personnes à la saga. N'oublions pas les gamins d'aujourd'hui qui n'ont peut être jamais connu Terminator avant ce 4° film... Toujours est-il que malgré ses nombreux défauts, mon côté fan a été plus que soigné, et cet opus a fini par me plaire. Il efface enfin cette déception de T3 et me laisse optimiste quant à la suite des évènements dans les deux prochains films à venir. Ce qui m'inquiète légèrement, c'est que la fin de la saga ne s'achève pas sur la destruction de Skynet mais qu'en fait, on tombe dans la boucle temporelle complexe liée à John Connor et que finalement, on arrive au moment où Kyle reese est envoyé par John dans le passé pour sauver sa mère. C'est ce que je me demande pour l'instant.
"Il n'y a pas de destin mais seulement ce que nous faisons..."
| Posté le 28/07/2009 à 12:07 | Laisser un commentaire (9) | |
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